29.04.2008
Genoux-oreille
«Alors, Ozalide s’assit sur ses talons, les genoux écartés, la main droite qui pendait devant elle et la gauche qu’elle avait arrondie autour de son oreille afin d’améliorer les performances du pavillon.»
Jacques Jouet
«Mon genou, qui a une bonne oreille, se réveille illico.»
«Tandis que je me disais cela à moi-même , je ressentis une douleur violente au genou, et je m'écriai : Ah ! le genou ! — Et le mari s'écria : Ah ! femme !... et la femme s'écria : Ah ! mon homme ! mais… mais… cet homme qui est là ! — Eh bien ! cet homme ? — II nous aura peut-être entendus ! — Qu'il ait entendu. — Demain je n'oserai le regarder. — Et pourquoi ? Est-ce que tu n'es pas ma femme ? est-ce que je ne suis pas ton mari? est-ce qu'un mari a une femme, est-ce qu'une femme a un mari pour rien ? — Ah ! ah ! — Eh bien ! qu'est-ce ? — Mon oreille… — Eh bien ! ton oreille ? — C'est pis que jamais. — Dors , cela se passera.»
Diderot
08:15 Publié dans genoux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : genou, jacques jouet
09.01.2008
Phrases
Trois phrases entendues aujourd'hui.
« Une roue, c'est vivant.»
« Il faut dire qu'elle est douée pour le langage.»
« Le code est facile à apprendre.»
22:38 Publié dans bavettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.12.2007
Le genou du commanditaire
Dans un article intitulé Comment j'illustre, Alfred Kubin raconte cet épisode étrange de sa collaboration avec l'écrivain Paul Scheerbart qui était très réticent face à son travail: «J'étais en train de faire les dessins pour son roman astral Lesabéndio (une histoire très belle mais que j'ai trouvée si désincarnée en l'illustrant qu'elle ne me semble fondamentalement pas faite pour être illustrée) lorsque je lui ai demandé à quoi ressemblaient Pallas et Quikko, les habitants des étoiles. Il m'a répondu: «Faites-les exactement comme des tritons, avec de tout petits yeux et un pied de limace.» (Comme si les tritons avaient cette allure!) Quand je lui ai envoyé les dessins, il fut amèrement déçu, profondément triste, bouleversé et, ä l'instant même, ses vieilles douleurs au genou et au gros orteil le reprirent. J'ai modifié quelques petites choses et Scheerbart s'est calmé.
10:05 Publié dans genoux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.11.2007
Luc Andrié


09:32 Publié dans statements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.07.2007
Vite, un livre

Alain Huck
«Vite soyons heureux il le faut je le veux»
JRP | Ringier. 2007
Diffusion: www.lespressesdureel.com
Notice de l'éditeur:
Vite soyons heureux il le faut je le veux est une suite de 269 dessins réalisés sur des supports évidés, découpés, fragmentés, translucides. Envisagée comme un archivage, la série s'est constituée régulièrement depuis 1993 avec parfois des périodes d'absence. Elle est reproduite dans cet ouvrage à l'échelle 1/1 en respectant l'ordre chronologique des dessins réalisés jusqu'au début de l'année 2007.

Ce livre est tout simplement le plus beau livre paru cette année,.......c'est comme ça:.........................il n'a pas une ligne de texte ....c'est une sorte de poème....ou une chronique......peut-être même un roman....on s'en fout en fait... le langage y est rendu visible... mais pas sous forme de texte... ce n'est pas un texte, pourtant c'est du langage dans un livre.....c'est comme une sorte de manuscrit... mais catastophique, d'un projet irréalisable......une utopie........... les quelques mots qui aparaîssent.....flamboient dans un cœur noir et translucide.. pulsars.. ..... il y a des dessins, mais ce ne sont pas des dessins vraiment, ou très rarement. c'est plutôt des résidus ...... des chutes .... des trous noirs.

19:50 Publié dans regarder de la peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alain Huck
22.07.2007
W.W.

Stéphane Fretz
«paysage vu de l'intérieur»
Huile sur toile, 29 x 21 cm, 2007
...................Bien sûr, ce Monument aux enfants obstinés ne se trouve nulle part, ..................................puisqu’il est construit jour après jour sur le fond angoissant de sa propre sauvagerie, ...............................qu’il n’est qu’une vision dans le désert, ...............................«somewhere over the rainbow», ........................à la fois debout et en ruine, ...................................disparaissant sous nos yeux dans les brumes de l’inconnaissance. ..........................Son espace n’est pas mesurable, .................................il est à la fois dur et mou, .....................végétal et minéral, .................lourd et léger. ...............................................En perpétuelle expansion, nous n’en percevons qu’un aspect passager alors qu’il est déjà ailleurs.
18:15 Publié dans regarder de la peinture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.07.2007
Grandes phrases
Rapporté par Z., cet ultime aphorisme du grand Patrick Lapp:
«Il faut peindre croûte que croûte»
14:44 Publié dans bavettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, peinture, aphorisme
18.07.2007
Heroes
Entendu cette magnifique réplique dans un épisode de la série «HEROES»:
«Vous croyez à ces niaiseries, le futur, la peinture ?…»
10:35 Publié dans bavettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : heroes, peinture, art, futur
14.07.2007
L'Urinoir au XVIème siècle (V)
Au milieu du XVIème siècle, Andrea Bacci écrivait, dans son De Sella familiarica: «il n'y a pas de prince italien, sans parler des étrangers, qui ne possède au moins un fragment d’urinoir et qui n'en soit plus fier que de toutes ses autres possessions 12». Nous sommes là dans le monde des Médicis et des Borgia, et, outre son caractère ostentatoire, la possession de ce précieux ready made était sans doute perçu par beaucoup de riches personnages comme une sage précaution. Même si certains doutaient peut-être de son efficacité, le simple fait d'accrocher un urinoir au-dessus de la table où étaient servis les repas, ou de faire incruster un morceau d’urinoir au fond de sa coupe personnelle, pouvait suffire à décourager les empoisonneurs potentiels. Il reste que le grand duc de Toscane, Francesco de Médicis, à qui Bacci dédia l'édition italienne de son livre, et dont il décrivit longuement l’urinoir dans le corps de l'ouvrage, mourut, dit-on, empoisonné par son propre frère, le cardinal Ferdinand de Médicis. Et ni la science des médecins florentins, ni leurs ready made, n'y purent rien.
Tout autant sans doute que les princes italiens, les explorateurs visitant des terres encore mystérieuses craignaient l'empoisonnement. Quelle confiance faire, en effet, à des festins offerts par des peuplades inconnues, à des fruits jamais vus généreusement prodigués par une nature devenue étrangère? Aussi nombre de ces aventuriers emportaient-ils un fragment d’urinoir, qu'ils pouvaient sans doute se procurer durant leurs tribulations à meilleur prix qu'à Rome ou à Milan. L'anglais Anthony Knivet rapportant son séjour au Brésil, en 1591, conte que «notre capitaine et tous ses hommes, tant Portugais qu'Indiens, tombèrent malade après avoir mangé un fruit au goût agréable mais qui était un poison. Si l'un de nos hommes, nommé Enefrio, n'avait eu un morceau d’urinoir, nous serions tous morts 13».
12. Andrea Bacci, De Sella familiarica, ejusque Admirandis Viribus et Usu Tractatus, Stuttgart, 1598 (1566), p.72.
13. Anthony Knivet, His Comming to the Rio of Janeiro, and Usage amongst the Portugals and Indians..., éd. Samuel Purchas, in Purchas, his Pilgrimes, Glasgow, 1906, vol.XVI, pp.195-196.
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13.07.2007
L'Urinoir au XVIème siècle (IV)
CECI EST LA CENTIEME NOTE D'ATLAS!
Dans l'ouvrage long et touffu qu'il consacra au ready made, paru en 1645, le médecin et érudit danois Thomas Bartholin (1619-1680), auteur de très nombreux ouvrages médicaux, cite une quinzaine d’urinoirs. Les plus connus sont ceux de Saint-Denis, Venise et Strasbourg, que bien peu s'aventuraient à prétendre faux, mais il y ajoute ceux des rois de Pologne, d'Espagne ou du Danemark. Bien qu'il considère à raison que la plupart d'entre eux sont des «lavabos de cabaret 10», le savant danois tient, ou fait mine de tenir, le dernier, dont il donne une gravure et qu'il avait sans doute eu l'occasion d'examiner longuement, pour authentique. Mais tous les urinoirs n'appartenaient pas aux grands de ce monde, puisque Bartholin en cite également un «trouvé en Suisse au bord d'une rivière», qui semble bien, d'après sa description, avoir été lui aussi un simple lavabo. Lors d'un voyage en France, il avait pu voir l’urinoir du cabinet de curiosités de l'apothicaire montpelliérain Laurent Catelan, auteur d'une Histoire du desjà feict 11.

L'urinoir des alchimistes II, Planche du Théâtre de l'Astronomie Terrestre d'Edward Kelly au chapitre sixième consacré à l'Exaltation de l'Eau Mercurielle.
Près de l'urinal, un Lion vert arrache un morceau du dos d'un Lion rouge, autre variante du fixe et du volatil...
10. Thomas Bartholin, De Latrinae Observationes Novæ, Padoue, 1645, p.200.
11. Laurent Catelan, Histoire de la nature, vertu, proprietez et usages du desjà feict, Montpellier, 1624.
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08.07.2007
L'Urinoir au XVIème siècle (III)
Ambroise Paré cite, outre les urinoirs de Saint-Denis et de Venise, celui de la cathédrale de Strasbourg, «lequel est de hauteur de sept pieds et demi, encore l'on a coupé furtivement la base.6». La légende veut cette fois que l'objet ait été offert au chapitre de la cathédrale de Strasbourg par le roi Dagobert. Cet urinoir était aussi particulièrement réputé au XVIème siècle, et lorsque Conrad Gesner disqualifie une autre pièce, c'est en constatant que «sa taille et sa forme sont bien différentes de celles du vrai urinoir que j'ai vu à Strasbourg 7». Comme ceux de Venise, il excitait les convoitises et le même Gesner nous révèle qu'un voleur en avait dérobé un morceau, «dont il avait entendu dire qu'il était un remède souverain contre la peste et le poison. 8»
Le chirurgien des derniers Valois nous apprend aussi qu'un visiteur a vu «à Rome, au magasin du trésor des Papes, un urinoir qui était luisant et poli comme ivoire et qu'il fut fort émerveillé de le voir si petit, se prenant à rire, vu qu'il n'avait à grand peine que deux paumes de diamètre. On lui dit que par le trop grand et fréquent usage de l'avoir utilisé, il était devenu ainsi petit.9»

L'urinoir des alchimistes, planche de l'édition allemande de 1673 du Discours de l‘urinal, d'Ambroise Paré.
Le Dragon symbolise la Matière première. Deux petits cercles l'entourent l'un ses ailes, pour indiquer le Volatil, l'autre ses pattes pour indiquer le Fixe. Les trois serpents et le triangle représente les trois principes le tout est renfermé dans l'OEuf des Philosophes.
6. Ambroise Paré, Discours de l‘urinal, in Œuvres complètes, éd. Malgaigne, t.III.
7. Conrad Gesner, De Opercula digitale, rerum hoc facta et Similitudinibus Liber, Turin, 1565.
8. Conrad Gesner, Historia sellarum familiaricibus, Francfort, 1603 (1551).
9. Ambroise Paré, op. cit, p.345
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06.07.2007
L'Urinoir au XVIème siècle (II)
Contrairement à celui de Saint-Denis, plus grand et mieux conservé, les urinoirs de Venise n'ont cessé d'être utilisées à des fins médicales. On en râpait pour cela la surface afin d'obtenir une poudre qui était ensuite diluée dans la boisson du malade 4. Un arrêt du Conseil des Dix demanda d'ailleurs que les procurateurs de la cathédrale fassent sertir d'argent le fût au-dessous de la cuvette afin de dissimuler les traces de ce «râpage», et précisa que tout prélèvement ultérieur devrait être autorisé par un vote à l'unanimité du Conseil.5
4. Le Voyage de la Terre Sainte composé par maître Denis Possot et achevé par Messire R. Mutt, Genève, 1971, pp.90-91.
5. Antonio Rampa, Il Tesoro di San Marco, Venise, 1886, p.93.
23:27 Publié dans Le redit m'aide | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.07.2007
L'Urinoir au XVIème siècle (I)
Copie de la fin du XIXème siècle des deux urinoirs de la Cathédrale Saint-Marc de Venise. Source: Catalogue de la société «J.L Mott iron works co», 1880.
Assez petits, puisqu'ils mesurent à peine plus d'un mètre de diamètre, les deux urinoirs du trésor de la Cathédrale Saint-Marc de Venise avaient une égale notoriété. Ils passaient pour avoir été rapportées de Constantinople par le doge Enrico Dandolo, après la prise de cette cité par les croisés en 1204 1. Le doge aveugle, bien qu'âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, fut, selon la tradition, le premier à poser le pied sur les murs de Constantinople. Sur l'un des fûts en faïence de ces urinoirs, on peut effectivement distinguer une inscription en grec: Jean Paléologue, empereur. Pissoir, contre le poison. Deux empereurs de la dynastie Paléologue ont porté le nom de Jean, Jean V qui régna de 1341 à 1391, et Jean VIII de 1425 à 1448. Si l'on admet qu'il n'y a rien d'apocryphe dans l'inscription, il faut que cet urinoir ait appartenu à l'un d'eux. L’autre urinoir porte également une inscription en grec, qui nous renseigne uniquement sur la nature de l'objet. S’il ne figure pas en 1283 dans le premier inventaire du trésor, celui de 1325 cite «Sella familiarica ornata de inscrptio 2» parmi les pièces du trésor «devant être portées sur l'autel pour les grandes occasions». Ces pissoirs, considérés presque à l'égal des nombreuses reliques de la cathédrale, étaient exhibés au XVIème siècle lors des processions politiques et religieuses les plus solennelles. Ils figuraient au programme de la cavalcade du 10 octobre 1511, pour la proclamation de la nouvelle Loi de la République, et avaient leur place lors des cérémonies de l'Ascension 3. L'association médiévale de l’urinoir à la virginité - nous avons vu que l'Esprit-Saint était parfois figuré par une cuvette dans les représentations de l'Annonciation - y est sans doute pour quelque chose, tout comme la silhouette de l'objet, qui n'est pas sans rappeler celle des grands ciboires.

Cérémonie de l'Ascension avec présentation d'un urinoir (celui de la cathédrale de Strasbourg?). Source: Les douze clefs de philosopie, attribué à Frère Basile Valentin, 1627
1. Franciscus Sansovinus, Venetia citta nobilissima, Venise, 1581, liv.II, fol.38 v°.
2. Roberto Gallo, Il Tesoro di San Marco e la sua storia, Venise, 1967, p.2.77.
3. Amatus Lusitanus, in Dioscoridis de Materia ready made Libros quinque Enarrationes, Strasbourg, 1532, p.206.
01:00 Publié dans Le redit m'aide | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.06.2007
George Condo
George Condo est un peintre new-yorkais né en 1957. Le dessin ci-dessous, assez mal reproduit, est un bon exemple de son esprit très tordu. Une sorte de «woman» à la de Kooning croisée avec Pat Hibulaire révèle une tête d'E.T revue par Wilfredo Lam qui elle-même surgit d'un tourbillon de poils ou d'intestins où se cache un Popeye rigolard, le tout dessiné avec une ampleur et une aisance picassienne. Le malaise qui se dégage de cette figure farce est bouleversant.

George Condo
«Untitled», 2006
mixed media on paper
63.5 x 48.3 cm
00:25 Publié dans bavettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : George Condo, art, peinture
28.06.2007
RIP Sol LeWitt
Sol LeWitt est mort à New-York le 8 avril 2007 à l'âge de 78 ans. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de son œuvre, si ce n'est une exposition à Bâle dans les années 80. Je trouvais ça très beau, et depuis je me suis toujours dit qu'un jour, quand j'aurais le temps, je repeindrai ma chambre à sa manière.

Sol LeWitt
«Wallpainting» (détail), 1987
13:50 Publié dans bavettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, arts, Sol LeWitt
25.06.2007
Un trousseau de clef(s)
A ne pas manquer, une magnifique note de Philippe[s] sur L'esprit de l'escalier à propos de clefs en peinture. C'est ici, avec en plus un jeu-mystère ici.
J'ajoute un petit p.s. avec cette peinture de Stéphane Fretz, reproduite en couverture d'un livre paru aux ppur à Lausanne.

Stéphane Fretz
«Portrait de West-West» (détail)
Huile sur carton toilé, 2001

23:00 Publié dans blogosphère, regarder de la peinture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : clé, peinture, stéphane fretz
Une sorte de nouveau romantisme

Michael Rampa
«some things will stand some things will fall»
Huile sur toile, 200 x 160 cm, 2007

Victor Hugo
«Le Phare d'Eddystone»
encre, 1866

Yves Tanguy
«Le Soleil dans son écrin»
Huile sur toile, 115.4 x 88.1 cm, 1937
«Au dix-septième siècle, un phare était une sorte de panache de la terre au bord de la mer. L'Architecture d'une tour de phare était magnifique et extravagante. On y prodiguait les balcons, les ballustres, les tourelles, les logettes, les gloriettes, les girouettes. Ce n'était que mascarrons, statues, rinceaux, volutes, rondes-bosses, figures et figurines, cartouches avec inscriptions. Pax in bello, disait le phare d'Eddystone. » Victor Hugo
70 ans de Victor Hugo à Tanguy, 70 ans de Tanguy à Rampa. Le cycle de l'extravangance?
00:17 Publié dans regarder de la peinture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Rampa, peinture, art, extravagance, Victor Hugo, Yves Tanguy
26.05.2007
grands axiomes
Il faut trois générations pour faire un artiste contemporain.
13:10 Publié dans statements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
16.05.2007
Feuille, caillou, ciseau, ombre [XIII]
La question du jour, monumentale comme d'habitude: Y a-t-il de l'événement dans le dessin hyper-lié?
Je me suis posé cette question en regardant La Linea, une série de dessins animés d'Osvaldo Cavandoli datant des années septante et qui est rééditée depuis peu.

La Linea est une ligne ininterrompue qui traverse horizontalement l'écran et qui se déforme pour figurer un petit personnage rigolard et d'autres éléments qu'il rencontre sur sa route. Il marche beaucoup, toujours de droite à gauche, et il ne lui arriverait pas grand chose si la ligne n'était pas très régulièrement interrompue. Chaque fois que ça arrive, il s'adresse au dessinateur pour lui demander de l'aide et on voit alors la main de celui-ci apparaître dans le champs de l'image et rétablir, avec son crayon blanc , la ligne ininterrompue.
Je constate ceci: tous les événements sont provoqués par une rupture du système et une intrusion de l'extérieur. Par événement j'entends ici: début de l'histoire, gag, fin de l'histoire.
Cette particularité a été largement utilisée par les publicitaires. Deux campagnes jouent sur l'effet d'intrusion dans un sytème fermé et hyper-lié d'un événement qui est évidemment le produit à vendre. Ce sont les ombres chinoises comme ici, dans une fameuse campagne pour l'ipod de Apple: voir et là dans un film vantant les mérites de la VW Phaeton: voir.
10:16 Publié dans Ombres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2007
Désinvolture (suite)
Contraintes effectives... autorités menaçantes...

Bruce Nauman, «Shit and die», 1985,
pointe sèche, 15 3/4 x 22 1/2 inches, édition de 38 ex.
20:55 Publié dans Le redit m'aide | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, arts, bruce nauman
18.02.2007
Désinvolte?
J'entame ma quarante-huitième heure de fièvre — je vous passe les détails.
Je vous propose de regarder un peu de peinture. David Hominal a bénéficié d'un large espace pour son premier «one-person-show» dans un cadre institutionnel, le Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, à savoir deux salles de l'exposition «Accrochage [Vaud 07]. Voici deux reproductions de peintures, dont l'artiste m'a transmis titres, dates de réalisation et formats. (Merci à lui pour ces précisions).
Question du jour: lorsque David Hominal se place ainsi dans la lignée de la grande peinture espagole, dont la magie opératoire des noms élus est si puissante (szach), est-ce un geste désinvolte?
— Aïe, je retourne me coucher…

David Hominal, VelasquezGoyaHominal, 2006, acrylique sur toile, 200x150 cm

David Hominal, Sans titre, 2006, mine de plomb et stylo sur papier, 17 x 24 cm

David Hominal, BullShit, 2006, email sur toile, 200 x 150 cm
21:00 Publié dans bavettes, regarder de la peinture | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : art, peinture, David Hominal, arts
14.02.2007
Désinvolture
J'ai passé une semaine magnifique à lire les commentaires de haut vol sur la note précédente. (Pas grand monde pour Lalloz — tant pis tant mieux). Dans ces commentaires, la question a tourné autour de l'objet de la désinvolture: une dette de vérité, un ciel à creuser, un prince à courtiser, la croyance à une cause. La désinvolture qui m'intéresse ici est celle du peintre. Qu'est-ce qu'un peintre désinvolte? La peinture a-t-elle des comptes à rendre à une vérité? à un ciel? à un prince? à une cause?
Ce que je vois, c'est que l'objet de la désinvolture est toujours une autorité menaçante, et que ça implique qu'on y croie. La désinvolture et la croyance sont du même côté de la médaille. Qu'y a-t-il de l'autre côté? Lalloz, de ce que j'en comprends, pose que l'inverse de la désinvolture n'est pas la croyance, mais la reconnaissance. C'est une chose différente que de croire au prince, au ciel, à la Vérité, à une cause ou de les reconnaître. Le désinvolte croit à la cause mais s'en dégage, le non-désinvolte reconnaît la cause et prend position.
En peinture, je prends par exemple la phrase de Cézanne: «Je vous dois la Vérité en peinture, et je vous la dirai». A mon sens, elle a été comprise à l'envers. Cézanne ne croit pas à la Vérité en peinture — autrement dit, il ne croit pas à la peinture. Si c'était le cas, sa phrase aurait été plutôt: «Je vous dois la peinture en Vérité, et je vous la peindrai » (Une phrase que Malévitch, lui, aurait pu signer). Version Duchamp: «Je vous dis la Vérité sur la peinture, et je ne vous (lui) devrai rien.»
On retrouve ça dans une autre phrase archi-rebattue: «Je ne cherche pas, je trouve». Chercher, c'est croire qu'il y a quelque chose, trouver, c'est reconnaître ce qu'il y a.
11:20 Publié dans bavettes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Désinvolture, peinture, art, arts









